Mise à jour du 24 février 2008

----  Plan du dossier

Vous pouvez accéder directement au chapitre de votre choix de ce dossier, en cliquant sur l’un des liens ci-dessous.

1.       Le dépistage

a.       Qui et quand ?

b.      Comment ?

                                                               i.      L’autopalpation

                                                             ii.      L’examen clinique des seins

2.       La mammographie de dépistage

a.       Quelques définitions

b.      Le dépistage gratuit

3.       Des réponses à certaines de vos questions…

a.       Que veut dire le compte rendu

b.      Les microcalcifications

c.       Vos autres questions légitimes

4.       Le cancer du sein peut-il être évité ?

a.       La réduction du risque de cancer est-elle possible ?

b.      Les méthodes possibles

                                                               i.      La mastectomie préventive

                                                             ii.      L’hormonothérapie

                                                            iii.      L’aspirine et les anti-inflammatoires (AINS)

5.       En résumé

----  Le dépistage

Qui dépister et quand ?

Le cancer du sein peut être détecté à un stade précoce, ce qui augmente considérablement les chances de succès du traitement.

L’âge auquel doit commencer le dépistage par la mammographie reste controversé. Les spécialistes s’accordent pour dire que le dépistage doit commencer vers 50 ans. Son intérêt et son innocuité, entre 40 et 50 ans dans la population générale, c’est-à-dire, pour les patientes sans facteur de risque, ne sont pas établis.

Pour les femmes âgées de moins de 50 ans, à titre d’exemple, la Société Américaine du Cancer a proposé des actions pour le dépistage du cancer du sein en fonction de chaque âge de la vie.

La baisse de « performance » de la mammographie de dépistage, au fur et à mesure que l’âge décroît, explique les appréciations variables selon les pays. En effet, la densité des seins est plus importante chez les femmes jeunes ce qui rend plus difficile la détection de nodules anormaux dans la glande par la mammographie. Les recommandations en France sont résumées dans le tableau ci dessous.

 

A partir de 20 ans

Autopalpation des seins tous les mois.

De 20 et 39 ans

Examen clinique du sein par un spécialiste tous les 3 ans.

De 40 à 50 ans

Examen clinique du sein tous les ans par un spécialiste

Mammographie tous les 2 ans, si facteur de risque

De 50 à 74 ans

Mammographie de dépistage, gratuite, tous les 2 ans

2 incidences ; double lecture ; clichés rendus à la patiente

 

Comment dépister ?

L'autopalpation des seins

Le but de la pratique régulière de l'autopalpation est de permettre à une femme de noter tout changement dans ses seins, dès son apparition.

La meilleure période pour pratiquer cette palpation se situe environ une semaine après la fin de vos règles quand vos seins ne sont plus gonflés. Si votre cycle menstruel est régulier, il est préférable de les examiner le même jour de chaque mois.

Presser assez fort pour bien sentir le tissu mammaire. Un rebord ferme sur la courbe basse de chaque sein est normal.

Tourner autour du sein, vers le haut et vers le bas de la même façon chaque fois. Il faut balayer la zone du sein entière et se rappeler la consistance d'une palpation à l'autre le mois suivant.

Examiner de la même façon le sein gauche, en utilisant les doigts de la main droite (placer alors l'oreiller sous l'épaule gauche). Répéter l'examen debout cette fois en plaçant un bras opposé au sein examiné derrière la tête. Cette position facilite l'examen des parties supérieure et extérieure des seins (vers les aisselles), là où presque la moitié des cancers des seins sont détectés. Vous pouvez pratiquer cette autopalpation sous la douche car elle est facilitée lorsque la peau est mouillée et savonnée. Pour plus de sûreté, vous pouvez vérifier vos seins devant un miroir pour noter tout changement d'aspect de la peau du sein ou du mamelon.

Si un changement intervient, tel le développement d'une grosseur ou un gonflement dans le sein ou sous l'aisselle, une irritation ou une irrégularité de la peau, une douleur ou une rétraction du mamelon, une rougeur ou la formation de squames sur le mamelon ou sur la peau du sein ou un écoulement autre que du lait, vous devez consulter votre médecin dès que possible. Il faut savoir que, la plupart du temps, les changements qui se produisent sur ou dans les seins ne sont pas dus à un cancer.

L'examen clinique des seins

L'examen clinique des seins est un examen des seins pratiqué par un médecin. Le premier temps consiste en une observation des seins pour examiner leur aspect général (leur forme et leur taille), et l'aspect du mamelon (rétracté ou non). Le second temps de l'examen consiste en une palpation des deux seins qui est réalisée à mains nues pour examiner leur consistance, c'est-à-dire leur texture, rechercher et localiser toute grosseur. La situation d'une grosseur, en surface ou en profondeur et ses relations avec les tissus adjacents, adhérence ou pas, seront précisées. Les aisselles sont aussi examinées au cours de cet examen. Le médecin peut aussi profiter de cette consultation pour apprendre à sa patiente à pratiquer l'autopalpation

La mammographie de « dépistage »

Quelques définitions pour commencer …

La mammographie est une technique d'imagerie médicale qui permet d'obtenir une image de la structure interne du sein par rayons X.

Les rayons X permettent de déceler de minuscules lésions avant les autres méthodes, y compris l'autopalpation des seins.

Elle est réalisée à l'aide d'un appareil spécial de radiographie qui permet de prendre facilement des photos des seins.

C'est un examen totalement indolore et de courte durée, sans aucune contre-indication.

La mammographie de « diagnostic »

Elle est proposée par le médecin pour diagnostiquer une maladie, du ou des seins, chez les femmes qui présentent des symptômes tels que les changements énoncés plus haut.

La mammographie de « dépistage »

Elle est utilisée pour détecter une éventuelle maladie du sein chez les femmes ne présentant pas de symptômes (asymptomatiques).

Rappelez-vous que la réalisation de mammographies systématique de dépistage a permis une réduction du risque de décès par cancer du sein de 26% !

Ne manquez pas l’invitation à une mammographie de dépistage !

Si vous êtes âgée de 50 à 74 ans, une invitation pour passer une mammographie de dépistage vous sera adressée tous les deux ans.

Cet examen est gratuit chez les radiologues agréés dont vous trouverez le nom et l’adresse au dos de l’invitation. Il faut savoir que ces médecins ont suivi une formation spécifique et que leur matériel est performant et agréé.

Lors de cet examen, vous verrez le médecin radiologue qui vous posera quelques questions et examinera vos seins. On fera deux clichés par sein. Le radiologue vous dira verbalement le résultat qui sera transmis à votre médecin traitant. Il faut savoir que les clichés sont lus deux fois, et parfois trois fois s’il apparaît une divergence sur l’interprétation. Vous pourrez avoir vos clichés dans environ un mois. N’oubliez pas de les récupérer !

Vous avez moins de 50 ans et vous n’êtes pas concernée par le dépistage systématique

Votre médecin ou votre gynécologue peut vous proposé une mammographie de dépistage. Cet examen est, alors, remboursé par la Sécurité Sociale et les mutuelles.

----  Des réponses à certaines de vos questions…

Comment lire le compte rendu ?

Allez revoir votre médecin traitant ! Il a reçu les résultats. Il sera en mesure de vous dire ce qu’il faut faire.

Si les images sont en faveur de la bénignité « ACR2 ou ACR3 », il vous proposera de vous suivre sans autre examen.

Si les images sont « douteuses » il pourra demander une « seconde lecture.

Le tableau ci-dessous vous donne les définitions des différents « ACR », leur signification et leur implication pour vous, en pratique.

 

« ACR 0 »

Classification « d’attente » qui s’utilise en situation de dépistage ou dans l’attente d’un second avis, avant que le second avis soit obtenu ou que le bilan d’imagerie soit complété qui permettront une classification définitive.

« ACR 1 »

Mammographie normale

« ACR 2 »

Anomalies bénignes ne nécessitant ni surveillance ni examen complémentaire

« ACR 3 »

Anomalie probablement bénigne pour laquelle une surveillance à court terme est conseillée

« ACR 4 »

Anomalie indéterminée ou suspecte qui indique une vérification histologique, c’est-à-dire une biopsie.

« ACR 5 »

Anomalie évocatrice d’un cancer

On m’a trouvé des microcalcifications…

Les microcalcifications…

Ce sont, par définition, des calcifications dont la taille est inférieure à 1 mm. C’est très banal et toutes les microcalcifications ne sont pas synonymes de cancer du sein.

Les scientifiques retiennent deux causes principales :

4      La calcification de débris cellulaires « morts » stagnant dans la lumière des canaux et des galactophores

4      L'hypersécrétion active de sels calcaires par les cellules, d'abord dans le cytoplasme puis secondairement dans les canaux.

Ces deux mécanismes sont valables aussi bien pour les microcalcifications bénignes que malignes.

Quelle importance ?

Les microcalcifications peuvent avoir des causes multiples, mais elles posent des problèmes de diagnostic car, 40% des cancers infracliniques, sont révélés par des microcalcifications isolées. A l’opposé, les grosses calcifications, macrocalcifications, sauf lorsqu'elles sont vermiculaires ou branchées, sont, elles, toujours bénignes.

Le tableau ci-dessous résume les différents types de microcalcifications rencontrées et le risque de cancer du sein.

 

 

Type 1

Type 2

Type 3

Type 4

Type 5

 

Annelures «en tasse de thé = lait calcique

Punctiformes

Poudreuses

Formes irrégulières

Vermiculaires, branchées

Risque de cancer

 

0%

19%

36%

52%

90%

 

 

Vos autres questions légitimes

« Ils m’ont trouvé quelque chose et le « mammotome » est négatif ; comment est-ce possible ? »

Cette situation n’est pas exceptionnelle, pour les microcalcifications « ACR4 ». C’est ce que les médecins appellent un « faux-positif ». Ceci est inhérent à toute méthode de dépistage !

« On m’avait dit que c’était normal, à la relecture des clichés, le second radiologue a vu quelque chose … »

C’est rare. On estime qu’un « second lecteur » détecte, dans moins de 3% des cas examinés, une anomalie. Même dans cette situation, dans seulement 15 % des cas le diagnostic de la maladie sera confirmé.

« Docteur vous m’avez palpé le sein, il y a huit mois et tout allais bien … »

Les cancers qui surviennent entre deux dépistages, appelés « cancers d’intervalles » sont rares, mais c’est possible, malheureusement ! On estime ce risque à 6 cas pour 10 000 femmes dépistées.

« A mon âge ! »

Même au-delà de 65 ans, le dépistage systématique a montré son intérêt. Il permet toujours de repérer les problèmes à un stade précoce, et d’améliorer le pronostic la maladie.

----  Le cancer du sein peut-il être évité ?

La réduction du risque de cancer est-elle possible ?

Ce que nous savons…

Il n'y a pas de moyen sûr pour éviter un cancer du sein. L’exercice physique ainsi que des régimes pauvres en graisses pourraient diminuer le risque de cancer du sein, mais il n’existe aucune preuve formelle.

Pour le moment, le plus important est de suivre attentivement les propositions faites pour le dépistage ou une détection précoce. Ceci ne va pas forcément éviter un cancer du sein mais peut contribuer à le découvrir lorsque les chances de traitement avec succès sont les plus grandes.

Les méthodes possibles chez les femmes à haut risque

Aux USA, l’Institut National du Cancer met à la disposition des médecins et des femmes un outil permettant une évaluation individuelle du risque de développer la maladie.

Si vous lisez l’anglais, vous pouvez évaluer votre risque en allant à l’adresse Internet suivante : http://www.cancer.gov/brcrisk-tool/

La mastectomie préventive

La mastectomie préventive bilatérale est une option parfois choisie par certaines femmes qui ont un très haut risque de cancer du sein comme une mutation confirmée BRCA1 et BRCA2. Le but de l'intervention est de réduire ce risque par l'ablation des deux seins avant le diagnostic d'un cancer du sein.

La chimioprévention

L’hormonothérapie

La chimioprévention a pour but de prévenir la survenue de cancers du sein par la prise de médicaments ou de produits naturels.

Les SERM

Le tamoxifène

C’est un médicament antiœstrogène utilisé depuis de nombreuses années comme traitement adjuvant du cancer du sein, notamment pour réduire le risque de récidive dans les cancers du sein opérés et de deuxième cancer du sein controlatéral.

Les résultats d'une étude récente (NSABP1 – publiée dans le JCO en 2005) ont montré que les femmes à haut risque (patientes avec antécédents familiaux) développent moins souvent la maladie (réduction du risque de cancer de 45%) après environ 4 ans de prise régulière de tamoxifène. Il est encore trop tôt pour savoir si ce traitement empêche vraiment le développement de nouveaux cancers du sein ou si l’effet du tamoxifène, dans cette étude, n'a été que de traiter de petits cancers encore indétectables, mais qui auraient pu être guéris par le tamoxifène si on les avait laissé évoluer pour devenir détectables. Pour l'instant, le recul de cette étude est trop faible pour démontrer une diminution de la mortalité par cancer du sein par la prise préventive de tamoxifène chez les femmes à haut risque.

Le raloxifène (Evista™)

Tout comme le tamoxifène, ce médicament appartenant aux « SERM » bloque l'effet des œstrogènes sur le tissu mammaire. Il est utilisé pour prévenir l'ostéoporose et diminuer le risque de fractures.

Dans une étude destinée à évaluer l'influence du raloxifène sur la perte osseuse (ostéoporose - étude MORE - JAMA 1999;281:2189-97)), les chercheurs ont également noté que ce médicament semble diminuer le risque relatif de cancer du sein de 65% (de 42 à 79%).

L’étude « STAR » (Study of TAmoxifen and Raloxifene ), portant sur 22 000 femmes ménopausées et à haut risque de cancer du sein, est destinée à comparer l'efficacité du raloxifène et du tamoxifène donné dans la prévention des cancers du sein. L’étude « STAR » est en cours et ses résultats sont attendus en pour la fin de l’année.

Ce qu’il faut en penser…

Les SERM (tamoxifène ou raloxifène) pourraient, à terme, être autorisés pour certaines femmes à très haut risque, comme par exemple, en cas :

4      D’un cancer in situ,

4      D’une hyperplasie mammaire avec atypies,

4      De patientes à risque héréditaire élevé, avec deux antécédents familiaux du 1er degré,

4      De la présence d’une mutation du gène BRCA1 ou BRCA2.

Cependant cette indication d’utilisation, en préventif chez les patientes à haut risque, n’est pas encore homologuée en France. De plus, il faut prendre en compte le rapport bénéfice-risque de ce type de traitement en raison de l’augmentation, liée au traitement du risque thromboembolique et de cancer de l’endomètre.

Les inhibiteurs de l’aromatase

Plusieurs essais sont en cours chez les femmes ménopausées. L’étude IBIS2 étudie l’anastrozole. L’étude APRES concerne les femmes porteuses d’une mutation des gènes BRCA1 et BRCA2 et étudie l’intérêt de l’exémestane.

@ Pour en savoir plus, cliquez ici, sur « L’hormonothérapie ».

L’aspirine et les anti-inflammatoires (AINS)

Une étude récemment publiée semble montré une diminution du risque de développée la maladie chez les femmes prenant régulièrement de l’aspirine ou des anti-inflammatoires comme l’ibuprofène

----  En résumé…

 

Efficacité reconnue

Mastectomie préventive chez les femmes à très haut risque (mutations BRCA1/BRCA2)

Efficacité probable

Les SERM :  tamoxifène ou raloxifène

L’ovariectomie en pré-ménopause chez les femmes présentant une mutation BRCA1 ou BRCA2

Une première grossesse avant 25 ans

L’allaitement pendant au moins 6 mois

Efficacité possible

Les inhibiteurs de l’aromatase

L’aspirine et certains anti-inflammatoires

 

 

Le dépistage et la prévention du cancer du sein

 

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